Qu’est-ce que la mousse ?
Les mousses font partie de la grande famille botanique des Bryophytes. Celle-ci compte pas moins de 34 000 espèces, dont 25 000 mousses et sphaignes. Pourtant, il s’agit presque toujours de la même espèce qui colonise nos pelouses : l’hypne squarreux (Rhytidiadelphus squarrosus). Cette mousse présente une discrète tige rouge-orange ornée de petites feuilles poussant à 90 degrés, ce qui lui confère une silhouette en étoile. L’ensemble de ces tiges forme des coussins plus ou moins verts selon l’exposition et le terrain.
Quels sont les risques pour le gazon ?
En petite quantité, les graminées de gazon et la mousse peuvent cohabiter sans problème. En revanche, si les plaques se densifient et s’étalent, elles peuvent finir par étouffer, voire remplacer votre pelouse. Il est alors importer de passer à l’action avant que les dégâts ne soient trop importants.
Pourquoi votre gazon est colonisé par la mousse ?
Il existe 5 facteurs principaux qui facilitent l’apparition et le développement de la mousse dans le gazon :
- L’ombre : la mousse n’apprécie pas les rayons directs du soleil. Elle prospère particulièrement dans les zones ombragées de votre jardin.
- L’humidité du terrain : en plus de l’ombre, la mousse adore l’humidité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on l’observe le plus souvent en automne, hiver, et début de printemps.
- Le compactage du sol : souvent lié aux piétinements ou aux passage de votre tondeuse, les sols compacts sont propices à l’apparition des mousses.
- Le pH de la terre : les mousses prospèrent sur les terrains acides, notamment lorsque le pH est inférieur à 6.
- La hauteur de tonte : une coupe trop basse fragilise les graminées, facilitant alors l’installation et la propagation d’adventices comme la mousse.
Comment enlever efficacement la mousse du gazon ?
Les interventions à court terme
Pour agir rapidement contre la mousse dans le gazon, le meilleur moyen reste l’action mécanique. Deux techniques, souvent confondues, sont recommandées : l’émoussage en cas d’envahissement, et la scarification en entretien régulier. Si besoin, et pour simplifier le retrait mécanique, il est également possible de recourir à un engrais au préalable.
1. L’émoussage
Son objectif premier est bien de retirer la mousse du gazon. Le fonctionnement est simple : des griffes, réparties autour d’un rouleau, viennent “peigner” le gazon en décrochant la mousse du sol. Il suffit ensuite de la récupérer à l’aide d’un râteau. Cette méthode est recommandée si votre gazon est particulièrement envahi par la mousse.
2. La scarification
Cette technique, a effectuer une à deux fois par an, permet d’agir sur de nombreux problèmes du gazon : elle aère légèrement le terrain, retire le feutre, permet de stimuler la croissance des graminées, etc. Le passage de dents du scarificateur permet également de déloger la mousse du sol, mais l’action est moins précise qu’avec les griffes d’un émousseur.
Par conséquent, si elle permet d’éliminer une partie du problème, la scarification n’est donc pas la solution idéale en cas d’envahissement. De plus, les mousses ayant la capacité de se développer à partir de simples fragments, une extirpation incomplète aura pour effet principal de la régénérer plutôt que de l’éliminer.
Envie d’en savoir plus ? Découvrez notre guide dédié : la Scarification du gazon
3. Les engrais à base de fer chélaté
Une dernière technique permet de retirer la mousse du gazon, tout en nourrissant ce dernier. Il s’agit des engrais à base de fer chélaté, comme le Feraway. Une simple application permettra d’affaiblir la mousse, qui prendra une teinte foncée et deviendra facile à décrocher du sol. Un passage de râteau à gazon suffira.
Cependant, tout comme l’émoussage et la scarification, cette solution permet de traiter la mousse en place, mais n’empêchera pas la réapparition ultérieure de la mousse. Nous vous conseillons ainsi de vous tourner vers des solutions à long terme une fois la crise traitée.
Les actions à long terme
En effet, en retirant simplement la mousse du gazon, vous ne faites qu’agir sur le symptôme, le résultat d’une équation multifactorielle, liée au climat, à l’environnement et à la nature de votre gazon. En l’absence d’interventions sur les causes de son apparition et de son développement, la mousse reviendra donc tôt ou tard, et vous serez alors obliger d’émousser votre pelouse régulièrement.
Voyons ensemble comment limiter le développement des mousses et retarder, voire arrêter, les interventions de démoussage à moyen et à long terme.
1. Éviter les zones ombragées
Difficile de lutter contre l’ombre apportée par un mur, un bâtiment ou un arbre. En revanche, il est tout à fait possible de s’adapter. Vous pouvez ainsi privilégier l’utilisation d’un mélange de semences dédié à l’ombre pour engazonner cette partie ombragée, ou la totalité de votre pelouse.
Une autre solution consisterait à reconsidérer l’utilisation de la parcelle où se propage la mousse, par exemple en la convertissant en un massif de végétaux réclamant les mêmes conditions de culture que la mousse. Les plantes de terre de bruyère (érables du Japon, azalées, rhododendrons, andromèdes du Japon, …) sont d’ailleurs d’excellentes candidates pour ce rôle, et leur apport esthétique au jardin est très intéressant.
2. Aérer le sol
Cette action permet d’améliorer le drainage de l’eau, ce qui limite l’excès d’humidité dans la terre. En perçant des trous dans le sol et en retirant des carottes de terre, elle permet également de procéder à un léger amendement, comme un sablage, qui est recommandé dans le cas d’une terre lourde et argileuse, propice au tassement.
Envie d’en savoir plus ? Découvrez notre guide dédié : l’Aération du gazon
3. Amender le sol pour corriger son pH
Cette opération s’effectue en automne-hiver, en appliquant des produits calciques comme de la chaux magnésienne, de la craie ou de la marne (roche tendre constituée d’argile et de calcaire). Avec ces apports, le pH du sol montera progressivement. Aux alentours de 7, l’environnement sera ainsi plus hostile aux mousses.
À noter que ce processus de correction doit être réalisé avec précaution et progressivement, afin d’éviter tout excès inverse. Il est donc plus ou moins long, et plusieurs épandages, sur plusieurs saisons, peuvent s’avérer nécessaires.
4. Adapter la hauteur de coupe
Sauf cas exceptionnel, et à moins d’entretenir un terrain de golf, il n’est pas recommandé de tondre un gazon très ras. Une tonte comprise entre 10 et 70 mm (selon les saisons et les usages) permet de limiter le risque d’apparition de la mousse, ainsi que d’autres adventices du gazon.
