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La montaison du gazon : découvrez et gérez la montée en graines de votre pelouse !

À force de voir une étendue verte uniforme, il est facile d’oublier que le gazon de nos jardins est avant tout composé de graminées et que celles-ci sont des plantes comme les autres. Elles ont ainsi leur propre cycle de vie qui implique (entre autres) une phase de reproduction. Chez de nombreux végétaux, cette période est souvent synonyme de floraison et, pour les graminées, on parle alors de montée en graine ou encore de montaison. Que ce soit pour le gazon ou pour le jardinier, ce stade de développement n’est pas sans conséquence.

Qu’est-ce que la montée en graine du gazon ?

Un cycle naturel

La montée en graine (ou montaison) est le passage de la production de feuilles (phase végétative) à la production de fleurs et de graines (phase reproductive). Une hampe florale (ou tige) se développe alors progressivement, jusqu’au terme de sa croissance. Celle-ci se termine ensuite par l’épiaison, lorsque l’épi s’extrait des dernières feuilles.

Les facteurs environnementaux influençant la montée en graine

Si la génétique propre à chaque espèce de graminée joue un rôle fondamental dans la montée en graine du gazon, elle est loin d’être la seule. En effet, les conditions environnementales ont une grande incidence sur le cycle de développement de votre pelouse. Deux éléments peuvent ainsi être mis en évidence :

  • Une photopériode (longueur du jour) plus grande et des températures plus élevées.
  • Un stress hydrique (sécheresse) qui va inciter le gazon à créer des graines pour accroître ses chances de survie.

Pourquoi la montée en graine du gazon peut être problématique ?

Bien que naturelle et faisant partie d’un cycle, la montée en graine des graminées n’est pas sans conséquence dans le cadre d’un gazon, car celui-ci nécessite avant tout de la densité.

En effet, outre l’aspect potentiellement inesthétique des tiges, la montaison monopolise l’énergie de la graminée. Elle provoque alors une baisse de qualité des talles et du feuillage, nécessaire au tissage et à la densité du gazon. Ce manque de densité le fragilise face aux maladies et l’affaiblit dans la concurrence avec les éventuelles adventices présentes, souvent plus robustes que les graminées.

D’un point de vue plus pratique, pour le jardinier adepte de la tondeuse hélicoïdale, l’apparition des tiges est particulièrement gênante. En effet, ces dernières sont souvent trop longues et vigoureuses pour être correctement coupées par ce système de tonte : elles auront tendance à se plier au passage du cylindre, et devront être coupées à la cisaille à gazon.

Quelles sont les périodes de montaison des graminées de gazon ?

Comme pour leurs cousines ornementales ou agricoles, les graminées de gazon fleurissent généralement en été (même s’il existe quelques rares exceptions).
Pour les principales espèces composant les mélanges de semences, la floraison se répartit de la manière suivante :

  • Les agrostides (Agrostis capillaris et A. stolonifera) : juin à septembre
  • Chiendent pied-de-poule (Cyanodon dactylon) : juillet à septembre
  • Les fétuques :
    • Fétuque élevée (Festuca arundinacea) : mai à juillet
    • Fétuque ovine (Festuca ovina) : mai à août 
    • Fétuques rouges (Festuca rubra) :
      • traçante (subsp. rubra) : mai à août
      • demi-traçante (trichophylla) : mai à juillet
      • gazonnante (commutata) : mai à août
  • Fléole bulbeuse (Phleum pratense) : mai à août
  • Kikuyu (Pennisetum clandestinum) : juin à août (mais très rare)
  • Koelérie grêle (Koeleria macrantha) : mai à juillet
  • Pâturin des prés (Poa pratensis) : mai à août
  • Ray-grass anglais (Lolium perenne) : mai à octobre

La montaison du gazon dépendant également de facteurs environnementaux, les périodes données sont susceptibles de varier selon les régions. De la même manière, il est difficile de dire si une graminée est plus susceptible de monter en graine qu’une autre. Cependant, le ray-grass anglais et le pâturin des prés sont connus pour facilement produire des tiges.

Peut-on prévenir la montaison du gazon ?

Prévenir la montée en graine du gazon reviendrait à vouloir empêcher les graminées de fleurir. Comme elles sont génétiquement programmées pour se propager, cela est donc impossible. Néanmoins, les désagréments occasionnés peuvent être limités grâce à une action simple : augmenter la fréquence des tontes. En procédant ainsi, les tiges n’auront pas le temps de croître. De plus, les graminées produiront plus de nouvelles feuilles : c’est ce que l’on appelle le tallage. Votre gazon gagnera alors en densité.

Pour les amateurs de tondeuses hélicoïdales, l’utilisation d’une tondeuse rotative pendant quelques semaines peut être une bonne solution.

Est-il possible de profiter de la montée en graine du gazon pour récolter ses propres semences ?

En théorie, il est tout à fait possible de laisser votre pelouse monter en graine pour ensuite récupérer les précieuses semences. Cela n’est cependant pas sans conséquence. En effet, si vous laissez votre gazon pousser, les adventices comme le pissenlit, le trèfle, le plantain lancéolé ou encore la porcelle enracinée feront de même. Vous favoriserez alors leur propagation.

En pratique, pour que la récolte soit vraiment intéressante, la quantité de graines à produire est prodigieuse. En quelques chiffres :

  • Selon les espèces, 1 gramme de semences peut contenir entre 550 graines (fétuque élevée) et 17000 graines (agrostides).
  • Il faut compter en moyenne 30 g de semences pour créer 1 m2 de gazon (soit 16500 à 510000 graines selon l’espèce).
  • À titre d’exemples, en fonction des conditions de culture, un pied de ray-grass anglais peut produire entre 500 et 5000 graines par pied. Le pâturin des prés, quant à lui, donne environ 200 graines par panicule.

Imaginez la taille que devrait faire votre jardin pour récolter une telle quantité. D’ailleurs, pour y parvenir, les semenciers cultivent les graminées de gazon dans des champs entiers, chacun étant dédié à une espèce et une seule.

Distinguer le gazon d’une adventice

Ce que l’on a coutume d’appeler « mauvaise herbe » ou adventice est en réalité une plante arrivée spontanément, considérée comme n’étant pas à sa place, indésirable, dans la culture souhaitée. Concernant le gazon, la précision est importante. En effet, selon la finalité de votre pelouse (détente, ornementale ou sportive), une graminée pourra être considérée comme une adventice ou non. Par exemple, si le chiendent pied-de-poule (Cynodon dactylon) est idéal pour les jardins du Sud de la France grâce à sa résistance à la sécheresse, et qu’il fait partie intégrante de mélanges de semences dédiés aux jardins très exposés aux rayons du soleil, il sera en revanche considéré comme une « mauvaise herbe » s’il apparaît spontanément dans un gazon d’ornement, issu d’un mélange de graminées plus fines et plus vertes, d’une zone plus tempérée.

En matière de gazon, il est donc difficile de faire une distinction objective entre une « bonne » graminée et une adventice, la notion étant toujours contextuelle.

  • Christophe Dutertre, Auteur pour Pelouse-et-Gazon.fr
    Rédacteur Web - Journaliste Expert Paysagisme

    Rédacteur web spécialisé dans le jardinage et diplômé d’un BTS en Aménagements Paysagers, j’ai passé 10 ans à accumuler savoir et expérience sur le terrain. Auteur de nombreux textes pour des médias reconnus du secteur comme Rustica, j’ai à cœur de partager mes connaissances et ma vision d’un jardinage durable, ancré dans la réalité écologique actuelle, le tout au service de vos pelouses et gazons.

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